Le crime Farpait

Le crime FarpaitLe vendeur le plus séduisant d’un grand magasin tue un collègue rival par accident. Une des vendeuses du rayon parfumerie est témoin de la scène et en profite pour lui faire un perfide chantage sexuel.

Le résultat est presque farpait ! Pour son septième film en tant que réalisateur, Alex de la Iglesia réussit haut la main un cocktail mêlant joyeusement humour noir, cynisme et gore allié à une vision désabusée de la société de consommation. Le cinéaste ibérique livre son film de la maturité, une œuvre totalement aboutie et portée tout du long par deux acteurs remarquables : Guillermo Toledo et Monica Cervera. Le jury du festival du film policier de Cognac ne s’y est pas trompé et a donné au film son Grand Prix. Amplement mérité.

Le parcours cinématographique du plus frappadingue des cinéastes espagnols commence en 1992 avec le bien barré « Action Mutante ». Déjà dans ce film tous les ingrédients des futurs bandes du réalisateur de ce « Crimen Ferpecto ». À savoir un humour un peu particulier, des situations rocambolesques et une galerie de personnages allumés. Le tout mixé dans un improbable scénario de science-fiction plutôt réjouissant. De la Iglesia ne s’est d’ailleurs jamais trop éloigné du film de genre avec le « Jour de la Bête » ou plus récemment le très réussi « 800 Balles ». Cette fois-ci, le cinéaste choisit de transposer ses thèmes favoris dans une grande galeries marchande (Yeyo’s, pendant espagnol de nos Galeries Lafayette) et se livre à exercice critique des plus brillants.

Un vendeur séduisant, Rafael, interprété à la perfection par Guillermo Toledo, tue par accident son plus grand rival, le responsable du rayon homme. Sous les yeux de Lourdes, une vendeuse du rayon parfumerie. Elle lui fera alors un odieux chantage afin de profiter de lui. Elle l’oblige à l’épouser et à faire ce qu’il faisait avec ses précédentes conquêtes. La nuit venue, il profitait de la fermeture du Yeyo’s pour saouler et baiser ses vendeuses totalement folles de lui. Maintenant il est obligé de faire la même chose avec Lourdes, la plus laide des vendeuses du magasin. Ils vont tous les deux brûler le corps de leur victime pour maquiller l’accident en disparition. Ce crime presque « farpait » marquera le début d’une véritable descente aux enfers pour Rafael au sens propre comme au sens figuré. Ce beau gosse, tombeur de ces dames et égérie d’une certaine conception de l’homme moderne se trouve confronté à la dure réalité. La famille de Lourdes est complètement allumée. D’ailleurs la scène où sa sœur de huit ans avoue qu’elle est enceinte est un grand moment d’humour noir totalement jouissif.

De la Iglesia fustige à tout va et personne ne lui échappe. La télé-réalité lors du mariage de Rafael, les méthodes de vente des grandes surfaces, voir le quotidien du petit peuple, celui qui reste branché à la télé en permanence. D’ailleurs le père de Lourdes est l’un des pauvres esclaves de cette société condamné à vivre dans une sorte de semi coma permanent.

« Le Crime Farpait » est un film foisonnant, drôle, émouvant et terriblement lucide face à la société de consommation. L’Espagne révèle un réalisateur qui s’améliore en permanence et qui nous livre avec ce nouveau film un vrai morceau de bravoure. Comme il aime à le dire, ce film symbolise parfaitement sa conception du cinéaste. Faire passer une critique lucide de ses compatriotes sous les apparats d’une série B populo à priori inoffensive. Il faut bien avouer que rire de ses propres défauts demeure l’une des meilleures manières de se divertir intelligemment. D’autres réalisateurs devraient en prendre de la graine.

Creep

creepEn fin de soirée, Kate se retrouve enfermée dans le metro londonien… Assoupie, elle a laissé passé le dernier metro et ne peut plus sortir. Elle va vite s’appercevoir qu’elle ne va pas la nuit toute seule.

Prenez un scénario simple mais plein de promesse, ajoutez l’ambiance adéquate, sombre, humide et claustrophobique, utilisez parfaitement les lumières pour accentuer la sensation d’oppression, et ratez votre film! C’est le triste sort qui est arrivé au métrage de Christopher Smith.

Usant de décors minimalistes (métro/égouts) et jouant sur des lumières et des couleurs bien évidemment obscures, Christopher Smith tente d’imposer une ambiance résolument glauque, à la limite du pestilentielle sur certains plans où la présence parfois incongrue de rats et d’excréments se fait presque (re)sentir du spectateur.

Mais voilà, l’histoire se perd rapidement dans une course poursuite peu intéressante , en particulier dès que le « tueur » se révèle, et des carences scénaristiques énormes ont lieu entre différentes séquences donnant l’impression de sévères coupes au montage final (où sont les employés de nuit du métro? comment les personnages se retrouvent dans certaines situations?).

Afin de redonner quelques couleurs (noires, bien évidemment) à cette atmosphère trop anesthésiée, on pouvait espérer un jeu d’acteur de qualité au travers de personnages charismatiques et capables d’apporter ce soupçon de réalisme froid indispensable à l’œuvre.
Mais tant l’antipathique héroïne, qui tient plus de la bimbo junkie méprisante, que son pendant négatif, incarné par un tueur à l’origine improbable, n’aident en rien le film à sortir de sa torpeur! Pire encore, c’est l’exaspération qui se fait ressentir à force de voir les réactions absurdes des différents protagonistes lorsque certains choix évidents s’imposent à eux!

Au final, un film qui fait très pâle figure face à l’intriguant et réussi Saw sorti quelques temps auparavant sur grand écran.

« Creep » premier film du britannique Christopher Smith, est un survival plutôt efficace. La Hammer est peut-être définitivement morte, mais Smith ne s’en émeut pas pour autant et débarrassé de tout fardeau identitaire (du moins dans la première partie), réalise avec « Creep » un bon petit thriller gore assez zarbi et défoulant. Le tout manque peut-être un peu d’originalité, mais le résultat est honorable.
Loin des remakes ricains et autres spectres japonais, « Creep » est plutôt le film d’un passionné. Christopher Smith semble très à l’aise avec les codes du thriller horrifique et il offre à son film une esthétique gothique très européenne qui rappelle à la fois l’Italie et l’Angleterre. Cette co-production britannico-allemande narre l’histoire d’une jeune femme, interprétée par l’Allemande Franka Potente découverte dans « Anatomie » (réalisé par Stefan Ruzowitzky), qui se retrouve enfermée dans le métro londonien. Smith construit son récit en deux actes bien distincts. Le metteur en scène choisit de dévoiler l’identité du tueur, Craig, après un premier acte palpitant. Si ce choix peut susciter la controverse, il faut admettre en retour que son monstre possède une vraie personnalité et un charisme étonnant, renvoyant aux monstres des films des années 50 et 60.

Le film tout entier tient sur les épaules de Franka Potente, qui s’en sort très bien en nunuche mondaine. Loin des films d’ados post-Scream, le film dresse le portrait de personnages plus actuels. Il y a l’obsédé sexuel de service, les jeunes SDF drogués ou l’égoutier tout juste sorti de tôle. Assez attachants, ils accompagneront tous à un moment le parcours de Kate mais aucun ne survivra à cette longue nuit d’angoisse. En ce qui concerne les tunnels du métro, ils sont surtout utilisés dans le premier acte. Celui où Kate est traquée par un tueur sans pitié qui s’en prend à tout ce qui bouge (sauf le chien). Une traque haletante, sans temps mort où le cinéaste utilise plutôt bien les souterrains de l’underground.

Lorsque nous est dévoilée la trogne du tueur, le film plonge plus vers l’abstraction à mesure que Kate progresse dans les sous-sols de la ville. Le sol y est plus humide, la tension plus lâche et le film un peu moins prenant. Smith déplace l’action dans une ancienne clinique d’avortement souterraine propice à une scène assez gore et déjantée qui met plutôt mal à l’aise. Mais le reste n’est que aller-retour sans fin et tentative (assez veine) d’explication sur les origines du tueur. S’il s’avère très charismatique et plutôt bien craspec, il ne sauve pas pour autant un deuxième acte assez poussif.

Ne nous trompons pas sur la marchandise, « Creep » n’est rien d’autre qu’une petite série B qui représente l’idéal « Midnight Movie » du samedi minuit. Un peu de gore, de la tension, une héroïne plutôt agréable physiquement, et un monstre à la vilaine trogne. Le film pêche surtout par surabondance : gothique dans la deuxième partie, mais également à cause d’une trop longue course poursuite finale. Malgré tout « Creep » n’est pas juste un petite série B sans âme. Par son énergie et son inventivité pour construire des plans intelligents, Smith démontre tout son talent de jeune cinéaste goinfré de bandes survival crades des seventies. Finalement il en faut peu pour passer un bon moment. D’ailleurs la fin est assez sympathique et laisse une bonne impression. Vite vu et assez vite oublié, « Creep » n’est certainement, on l’espère, que le premier opus d’un réalisateur dont on attend très vite le prochain film.

Crazy Kung-fu

crazyLe gang des haches fait régner la terreur et peu sont ceux qui osent se mettre en travers de leur chemin. Pourtant, un petit quartier très pauvre refuse de se soumettre et cache bien des secrets.

Après la reconnaissance mondiale de son précédent film, ‘Shaolin Soccer’ (plus gros succès comédie de tous les temps à HK), il n’est pas étonnant de voir resurgir la star chinoise de la comédie d’action. Stephen Chow a donc rangé ses crampons au vestiaire et enfilé la tenue du mafieux wannabe, toujours aussi loser, mais aussi déterminé.

Si l’on peut différencier ‘Crazy Kung-fu’ de ‘Shaolin Soccer’, c’est bien par le dosage comédie / action qu’il faudra s’y prendre, car l’esprit est très proche. Si on avait tendance à s’attacher plus aux footeux, grâce à une histoire sans doute un peu plus épaisse, et un sentiment d’équipe un peu plus abouti, on s’attardera ici plus souvent sur des scènes d’action, notemment chorégraphiées par le fameux Yuen Woo Ping (Matrix…). N’allez pas croire que l’humour est moins présent… bien au contraire. Stephen Chow réussit admirablement bien à mélanger les genres et à faire rire avec un style très reconnaissable.

Parfois à la limite du cartoon, ‘Crazy Kung-fu’ n’hésite pas à dépasser les bornes et à en rajouter des tonnes, la plupart du temps intelligemment.
Car le seul soucis avec ce type d’humour, c’est l’overdose et on l’atteint peut-être une ou deux fois, notamment vers la fin qui traîne un peu. Un léger problème de rythme pour arriver au bout de 1h47 qui aurait pu être légèrement allégée.

Mais ne faisons pas la fine bouche. ‘Crazy Kung-Fu’ est l’une des meilleures comédies de 2005 et offre quelques rares moments de burlesques, à savourer. La réalisation est soignée et l’ensemble loufoque nous confirme que la carrière internationale de Stephen Chow n’était déjà pas un coup de chance, mais qu’elle risque bien de perdurer.

Cravate Club

Cravate ClubLe soir de ses 40 ans, Bernard constate qu’Adrien, son meilleur ami et associé, ne viendra pas à sa soirée d’anniversaire. Le motif est futile : Adrien prétexte qu’il ne peut se permettre de manquer le dîner mensuel de son club. Commence alors une interminable discussion au sujet de la valeur de leur amitié.

Tiré de la pièce éponyme, ‘Cravate Club’ en garde énormément de stigmates : un huis clos qui a parfois du mal à s’extérioriser, évolution des personnages un peu rapide… Malgré une certaine bonne volonté, on reste sur du théatre filmé.
Par contre, on trouve également un grand plaisir dans cette discussion entre deux hommes, deux amis, dont la relation faussement simple et vraiment profonde est finalement ultra codifiée. Une réflexion intéressante sur les rapports humains à travers une relation amicale qui
va presque jusqu’à l’amour. Un traitement qui rappelle ‘Une affaire de gout’, de Bernard Rapp.
Reposant principalement sur un texte riche et bien écrit, Baer se démarque par un naturel déconcertant. Berling a un rôle moins ‘réaliste’ mais arrive à donner la réplique à son partenaire de façon correcte.

Très loin d’une comédie de boulevard telle qu’on l’annonçait, ce ‘Cravate Club’ est une comédie dramatique finalement pas extrêmement drôle. Les petits piques et détours de langage font en effet plus sourire que de provoquer des tappes sur les cuisses. On ne s’en plaindra pas, et on appréciera une retranscription qui a au moins le mérite de faire découvrir la pièce à un public plus large.

Adapté d’une pièce de théâtre, « Cravate Club » aborde le sujet ô combien délicat de l’amitié : « la seule relation qui perdure alors qu’aucun papier n’a été signé ». La transposition cinématographique apparaît plutôt réussie puisqu’elle conserve au moins l’atmosphère étouffante de la pièce. Et c’est à cause de ce que l’on pourrait appeler un concours de circonstance intellectuel que les deux personnages s’entraînent sans le vouloir dans une remise en question complète de leur amitié.

Le film offre une série de dialogues savoureux récités sur un ton doux-amer par deux interprètes relativement inspirés. La caméra suit à la trace les deux compères comme si elle-même était hypnotisée par l’absurdité de la situation. La relation amicale se transforme peu à peu en un non-sens d’ordre existentiel dont personne ne peut échapper, ni le spectateur, ni la caméra, ni les deux personnages, et le pire c’est que cela ne semble pas avancé, bien au contraire !

Mais finalement, après s’être rendu compte que la condition suffisante à une amitié solide, c’est de savoir conserver ses distances, on en revient à de vraies valeurs. « Tout ça pour ça » se diront certains…

CQ

CQParis, 1969. Obsédé par la caméra, Paul est monteur pour une série b de science-fiction. Lors du licenciement du 1er réalisateur et de l’accident du
second, il se voit donner une opportunité unique : réaliser la fin de Dragonfly, oeuvre d’anticipation se passant en 2001 !

Avec ce premier film, Coppola Jr (prénommé Roman), poursuit la fibre réalisatrice de sa famille (on se souvient également du « Virgin Suicides » de Sofia, sa soeur).
Situé en toute fin des années 60, ce CQ (prononcez « Seek you »), joue énormément avec tous les codes et reférences culturo-pop de cette période. Plus prôche d’une vision fantasmée (certains décors ne sont pas tellement éloignés d’un Austin Powers), les clins d’oeil se multiplient (du cuir très « Peel-ien » à la DS customisée batmobile, en passant par les décors en damier), et l’ambiance s’installe assez vite, notamment grâce à une bande son très présente. Définitivement lounge, cette musique amène le spectateur dans cet univers léger.

L’un des intérêts de ce film, c’est également cette recherche de Paul (Jeremy Davies) de son identité, à travers ces trois dimensions que sont son film personnel (il se filme en permanence, chez lui), son film professionnel et sa vie, visiblement pas tellement heureuse avec Marlène (Elodie Bouchez). C’est finalement ce transit entre ces vies qui va s’avérer être l’élément le plus intéressant du film, même si on goutera bien sur les atmosphères retro et visions retro-futuristes qui finalement sont extrêmement proches.

Pour un premier film, le résultat est effectivement bien encourageant, même si on ressent quelques manques. L’histoire globale est assez légère, et finalement ne va pas au bout de l’analyse de son personnage principal. On note également d’assez importants problèmes de rythmes qui handicapent l’histoire et donc le film. En plein milieu un banal coup de mou plombe tout et a du mal à repartir.

CQ est cependant un premier film globalement réussi, bourré de bonnes idées, mais qui ne s’attache peut-être pas assez au fond. Ce premier long nous invite à attendre la suite de la carrière de ce réalisateur qui doit confirmer pour se faire un prénom. Un film qui ravira les fans de kitsch et
de pop culture.

Sauvegarder une cassette hi8 sur DVD ou PC

Actuellement, le montage vidéo devient un loisir accessible à tous. Voici comment Keepmovie procède pour numeriser cassette HI8 sur DVD ou disque dur ou clé USB.

hi8 cassette

Le traitement de la vidéo nécessite une opération qui consomme une grande ressource et les calculs pour réaliser la compression, le passage en format DivX par exemple peut prendre facilement plusieurs heures. De même que le stockage nécessite beaucoup de places qui arrivent jusqu’à environ un Go pour cinq minutes de vidéo analogique en qualité maximale. Keepmovie utilise des ordinateurs dont les configurations dépassent largement le processeur de un GHz et le Ghz de RAM, la carte graphique équipée de plus de un Go de mémoire, ainsi qu’un gros disque dure avec une partition dédiée à la vidéo. La présence de ports USB ou Firewire sont obligatoires. Les magnétoscopes doivent être de multisystèmes. La connectique est une prise Péritel avec le câble correspondant pour relier la carte au magnétoscope. À noter, les câbles RCA rouge et blanc acheminent le son. C’est le type de câble qui offre la meilleure qualité d’image à partir d’un magnétoscope Péritel. Avec la qualité des appareils utilisés par Keepmovie, on peut prendre une portion des données et en même temps définir « la limite de la durée de capture ».

Keepmovie peut choisir différents formats en utilisant un logiciel de conversion. Il existe de nombreux shareware et freeware sur le web pour la gravure sur DVD et pour pouvoir le lire dans une platine de salon par exemple.

La société utilise Movie Maker et iMovie qui incluent des fonctions de montage, ce qui permet de choisir certaines scènes, les inverser, ajouter des textes ou des effets de transition sont des travaux journaliers pour Keepmovie.

Coyote Girl

Coyote GirlProduction Bruckheimer oblige, ce « Coyote Girl » (titre francisé, on ne rigole pas) joue sur les cordes un peu grasses des serveuses-danceuses pour rameuter du monde, qu’importe le racollage. A l’arrivée, les scènes de bar sont effectivement au rendez-vous et sont assez réussies. Le problème arrive entre les scènes.

Une histoire plate et éculée, du sentimentalisme en veux tu en voilà, le tout dans un contexte niais au possible. Le visage jeune façon « Britney Spears » tranche évidemment des autres Coyote Girl qui ont beaucoup plus l’air de femmes, et entretient l’impression de la petite fille qui arrive dans la grande ville..

Même John Goodman n’arrive pas à sauver les apparences d’un film qui a joué sur un plan : le bar et ses filles. Ca, pour sûr, le bar, vous y aurez droit. Il est vrai que les scènes sont vraiment drôles, même s’il est plus l’objet du fantasme d’un gros producteur que d’une réalité quelquonque (dommage).

Coyote Girl est donc un film limite. Mis à part trois ou quatre scène au dessus du lot, on est dans de la série b sitcomienne. Dommage, car l’idée du bar aurait pu etre un peu mieux reprise.